Mardi 7 octobre 2008
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Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, vivait dans un château cerné d'une fosse et sans cesse sous la surveillance de nombreux gardes. Denys, au tempérament inquiet, se trouva des courtisans qui
devaient le flatter et le rassurer. Parmi eux, Damoclès, roi des orfèvres, ne cessait de flatter son maître sur la chance qu'il avait d'être le tyran de Syracuse. Agacé, celui-ci lui proposa de
prendre sa place le temps d'une journée. Au milieu du festin, Damoclès leva la tête et s'aperçut qu'une épée était suspendue au-dessus de lui, et n'était retenue que par un crin de cheval. D'aucuns
disent que cette épée était suspendue par le tyran Denys en personne.
Depuis le XIXe siècle, on parle d'une "épée de Damoclès" pour décrire une situation particulièrement dangereuse ou pénible, un danger qui menace de s'abattre.
Par Hesperion
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Mardi 7 octobre 2008
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Un titre ? Damoclès, un mythe de l'Antiquité grecque qui s'adapte bien à la situation de certain(e)s d'entre nous....
Qui suis-je ? je ne pourrai pas vous le dire, le but de ce blog est de garder l'anonymat et de permettre à celles et ceux qui sont dans mon cas de s'exprimer dans la plus grande
confiance et le plus grand respect....
Pourquoi ? Sachez simplement que j'ai été traité avec de l'hormone de croissance extractive entre 1982 et 1985 et qu'à ce titre je suis potentiellement infecté par la maladie
de Creuzfeld-Jacob. Cette maladie est dite dégénèrescente, elle est incurable et est très longue à s'incuber.
Ecrire ? Ecrire pour se donner entièrement, écrire pour se soigner, écrire pour ne jamais oublier... Mon histoire et celle de mes compagnons d'infortune n'est pas plus triste que d'autres.
Ici, on ne recherche ni la pitié, ni la compassion. On écrit ce que l'on a sur le coeur et on se soutient mutuellement.
Par Hesperion
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Mercredi 8 octobre 2008
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12:51
Maladie de Creuzfeld Jacob dite Iatrogène (mode de transmission au malade par
accident lors d’une procédure thérapeutique).
Transmission :
Procédés à risque :
-
Greffes de cornée : 1 er cas décrit en 1974, depuis 2 autres cas rapportés
dans la littérature médicale.
-
Instruments : un petit nombre de personnes a été contaminé par des
instruments de neurochirurgie stérilisés avec des procédés habituels de stérilisation efficaces pour les bactéries et les virus, et manifestement inefficaces pour les prions.
-
Greffes de dure-mère (définition : membrane fibreuse et résistante
constituant la méninge externe. Elle adhère fortement à la boîte crânienne et contient des vaisseaux). Ces greffes ont été faites pour combler la perte de cette enveloppe du cerveau. Le risque
maximum de ce type d’intervention a existé dans les années 1980.
-
Hormone de croissance d’origine humaine *
L’hormone de croissance est administrée par injection sous-cutanée en cas en cas de déficience en hormone de croissance. Jusqu’en 1988, le seul traitement de
substitution était basé sur l’hormone d’origine humaine et biologiquement active. Cette hormone était extraite, de la glande hypophyse
prélevée chez des personnes décédées. Il fallait rassembler environ 1500 hypophyses pour fabriquer un lot d’hormone. Chaque lot était fractionné en plusieurs centaines de doses de
traitement qui étaient ensuite distribuées.
Ainsi l’introduction d’une seule hypophyse prélevée accidentellement chez un patient atteint de MCJ a pu potentiellement suffire à infecter plusieurs doses de
traitement et donc plusieurs patients.
Etant donné le mode de distribution de l’hormone de croissance, il n’est pas possible de déterminer pour chaque patient s’il a été traité par un lot possiblement « infectieux ».
En France, on a pu déterminer par un calcul statistique la période à haut risque de contamination qui s’étend de décembre 1983 à juillet
1985.
La durée moyenne d’incubation se situe entre 10 et 15 ans.
* L’hormone de croissance est une hormone polypeptidique (groupement de plusieurs protéines) se
composant de 191 acides aminés. Chez l’homme, elle est produite par l’hypophyse et libérée dans certains cas de stimulation (ex : entraînement, sommeil, stress,
hypoglycémie). Elle a un rôle dans la croissance. Le défaut de sécrétion de cette hormone est à l’origine d’un nanisme hypophysaire.
Prévention du risque actuellement
:
-
Sélection des donneurs de cornée.
-
Augmentation de la stérilisation. Les procédés de stérilisation pour la
neurochirurgie, mais aussi pour d’autres types de chirurgie, sont capables, à un certain degré, d’inactiver les prions. Le matériel à usage unique est utilisé dès que cela est
possible.
-
Interdiction des greffes de dure-mère en France depuis 1994.
-
Hormone de croissance recombinante. Depuis 1988, l’hormone n’est plus d’origine
humaine mais est synthétique, fabriquée par génie génétique. Il n’y a donc plus de risque de contamination.
Dès qu’un patient suspect ou atteint de MCJ a subi une intervention ou une exploration à visée diagnostique,
le matériel est séquestré puis détruit en cas de confirmation du diagnostic ou de manière systématique si le diagnostic n’a pu être
établi avec certitude.
Symptômes :
-
Contamination cérébrale :
-
dure-mère
-
greffe de cornée
>> Signes proches de la MCJ sporadique.
-
Contamination périphérique : hormone de croissance
>> Signes proches du Kuru avec des signes cérébelleux et oculaires précoces et une démence tardive.
Peuvent exister aussi des troubles de l’oculomotricité, une fatigabilité, des troubles du comportement
Après quelques mois, la symptomatologie est marquée par la démence, l’accentuation des signes cérébelleux, des myoclonies et des
troubles sensitifs et visuels.
Il existe, comme pour les autres formes, fréquemment en fin d’évolution un état de mutisme akinétique. (euphorie, indifférence), un tremblement, des
céphalées, une prise de poids et des troubles du sommeil.
( Ataxie : incoordination des mouvements volontaires avec conservation de la force musculaire ;
ataxie cérébelleuse : instabilité en station debout immobile et pendant la marche qui s’accompagne d’une titubation analogue à celle de l’ivresse, observée chez les sujets atteints d’une
lésion au cervelet.)
Source : Cellule nationale de référencement des Maladies de Creuzfeld-Jacob, Groupe Hospitalier de la
Pitié-Salpêtrière.
http://www.creutzfeldt-jakob.aphp.fr/gp_info_3form_sympt.htm
Par Hesperion
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Vendredi 10 octobre 2008
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11:15
Le décès de Job
J'en parle car toute cette histoire, après tout, c'est à cause de lui.
J'ai appris la nouvelle en voiture, ma radio captait mal.... j'ai eu un moment la curieuse impression que mon inconscient me jouait des tours...."Le Dr Jean-Claude Job, principal prévenu dans
l'affaire de l'hormone de croissance contaminée est décédé lundi à l'age de 86 ans..." La radio grésillait. Je me suis arrêté sur une aire de repos, j'avais peine à y croire. J'ai appelé un ami qui
a suivi le procès avec moi. L'info se vérifiait donc.
Je ne savais pas trop quoi penser. A vrai dire, j'étais un peu révolté. Cela aurait-il une incidence sur le procès ?
Je me suis bizarrement mis à penser à l'Enfer et au Paradis. Puis j'ai pleuré, pour toutes ces personnes décédées de la maladie, fauchées de manière foudroyante si injustement...
Extrait du blog juridique de Dominique Verdeilhan :
"Avec sa disparition à l'âge de 86 ans,
l'action contre lui est éteinte. Ce sont les termes de la loi pénale. Le 14 janvier, le tribunal ne pourra que constater cette mort de l'un des prévenus.
Officiellement, on ne saura donc pas si les juges voulaient le condamner ou le relaxer. Une lecture attentive du jugement qui devra décortiquer la chaine des responsabilités, pourra néanmoins
donner un aperçu des sentiments des magistrats. Une condamnation ou une relaxe post-mortem.
Par Hesperion
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Lundi 24 novembre 2008
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12:21
Parfois, j'ai l'impression d'être dans le Truman Show... que tout ceci n'est qu'une grande et vaste mise en scène
organisée. Je me plais à penser qu'il y a des micros sous mon canapé, des micro-caméras dans le volant de ma voiture, le pichet d'eau sur la table. Que des téléspectateurs en mal de voyeurisme
regardent chaque épisode de ma vie et se disent que je vais sortir du loft. J'imagine des tabloïds décrivant chacune de mes erreurs, de mes manques de courage, de mes lâchetés ou au contraire
montrant en exemple le courage qui anime chacun de mes combats.
Mais non, ma vie n'est pas si intéressante que cela et visiblement celles de mes compagnon(ne)s d'infortune, non
plus.
Ce cauchemar est donc bien réel et je ne suis pas dans le Truman Show.
Oh ... notre histoire n'est pas plus triste qu'une autre, elle a juste la délicate attention de nous rappeler
chaque matin, chaque jour, chaque heure que la contamination est potentiellement possible et que l'épée de Damoclès menace à chaque instant.
Alors, que faut-il faire dans ce genre de moment ? Se rappeler que chaque homme est mortel et que, comme le
rappelait Ulysse, il vaut mieux souffrir et accomplir pleinement sa vie de mortel plutôt que d'espérer une immortalité ratée.
Restons humbles alors, n'en demandons pas trop et fixons nous des objectifs à court terme ? passer 30 ans...
passer 35 ans... passer 40 ans...
Il y a des jours comme ça qui ont des relents d'apocalypse....
Par Hesperion
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Mercredi 28 janvier 2009
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Le syndrome de Damoclès a d’abord été appliqué aux enfants, mais il vaut aussi pour les adultes traités pour un
cancer et exposés à sa rechute. C’est la perception de ce risque et de la menace de mort qui caractérise le syndrome de Damoclès. L’exposition à un danger fatal et la conscience d’être en sursis
peuvent retarder ou limiter la guérison qui comporte, pour certains, l’occultation renouvelée de la mort. Elles peuvent aussi s’accompagner d’une « fureur de vivre », d’une hyperactivité lucide
pendant le peu de temps qui reste à vivre si l’évolution se montrait défavorable. C’est par exemple ce qui a déclenché les débuts littéraires d’Anthony Burgess ou qui a été ressenti par Alexandre
Soljénitsyne avant son hospitalisation à Tachkent. Le syndrome de Damoclès s’estompe avec le temps et l’éloignement de la maladie.
Source : Le dictionnaire des cancers de A à Z, de Bernard Hoerni
http://www.fnclcc.fr/fr/patients/dico/definition.php?id_definition=469
Par Hesperion
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Mercredi 28 janvier 2009
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12:23
Pour moi, ça ressemble à un bombardement avec des gens qui essayent de fuir, de se cacher ou de hurler leur haine
contre l'injustice, l'insignifiance, l'atrocité. Je n'y étais pas, j'ai du mal à en parler, même le fait de publier ici me renvoie à cet évènement et à son lourd fardeau. Intimement, dans mon for
intérieur, j'étais de toutes façons persuadé qu'on ne jugerait pas ces gens, qu'on ne trouverait pas de responsables, que l'Etat, la Justice, la Medecine, les Instituts auraient de toutes façons
raison et nous tort.
L'appel ? Une partie du parquet rejette le verdict ? Je vais donc poursuivre la procédure, sans aucune forme d'espoir.
Par Hesperion
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Mercredi 28 janvier 2009
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12:27
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Echelle de gestion du temps
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Mettre la note 7, 8 ou 9 si c’est « la plupart du
temps »
Mettre la note 10 si c’est « toujours ». Mettre la note 0
si c’est « jamais »
Mettre la note 4, 5 ou 6 si c’est
« fréquemment »
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N
O
T
E
ê
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Je suis indispensable. Je me trouve impliqué dans des activités variées que je suis le
seul à pouvoir assumer…………………………………..
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Des crises quotidiennes prennent tout mon temps. Je n’ai pas le temps de faire des choses
importantes étant trop occupé à « éteindre des incendies.
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3
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J’essaie de faire trop de choses à la fois. J’ai l’impression de pouvoir tout faire et je
ne dis « non » que très rarement………………………………..
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4
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Je suis toujours sous pression, comme si j’étais sans cesse derrière et que je n’ai aucun
moyen de rattraper ! Je suis toujours bousculé !……………
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Je travaille habituellement beaucoup : 10, 12, 14 et jusqu’à 18 Heures par
jour ; 5, 6 ou même 7 jours par semaine…………………………………..
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Je me sens constamment submergé par des exigences et des détails, et la plupart du temps,
j’ai l’impression de devoir faire des choses qui ne m’intéressent pas…………………………………………………………..
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7
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Je me sens coupable de quitter mon travail à l’heure. Je n’ai pas assez de temps pour me
reposer ou pour avoir une vie personnelle. J’emporte soucis et problèmes à la maison…………………………………………..
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8
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Je déborde constamment les « derniers délais » !…………………………
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9
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Je suis terrassé par la fatigue et l’apathie avec
beaucoup d’heures creuses faites d’activité improductive……………………………………………..
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10
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J’oscille de manière très fréquente dans des alternatives désagréables…..
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Total :
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Si vous avez moins de 35 points, vous pouvez bénéficier des techniques de gestion du temps, mais votre niveau de stress n’est probablement pas affecté par la pression liée
au temps.
§
Si vous avez entre 36 et 60 points : vous pourriez utiliser l’entraînement de gestion du temps pour diminuer votre risque de troubles potentiels liés au stress .
§
Si vous avez plus de 60 points votre vie se déploie au delà de tout contrôle et peut-être estimez vous « ne pas avoir le temps » d’effectuer un entraînement à
la gestion du stress ou du temps ; cela peut vous conduire à sans cesse remettre à plus tard des décisions capitales comme de cesser de fumer, prendre de l’exercice, passer du temps
avec votre famille ou vos amis.
Euh... ah mince.... j'ai 82 points....
Par Hesperion
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